25 juin 2012 18h13 · Alain Fortaich
Comme le chorégraphe Merce Cunningham, le metteur en scène et auteur Jocelyn Roy entend réécrire l’ordre de Montréal ApoKlypse à chaque représentation. Celle à laquelle j’ai assistée, ce mardi soir, avait une linéarité sans faille. Le récit suivait un ordre chronologique, racontait de multiples amours sur fond de fin du monde.
Le décor est minimaliste : des chaises, quelques affiches. Pourtant, le spectacle est très visuel. Jocelyn Roy a l’audace de miser sur l’imagination du spectateur qui crée les accessoires : manettes de x-box, cellullaire etc. et gagne ainsi son pari de faire voir l’inexistant.
S’inspirant de la chanson Les hauts et les bas d’une hôtesse de l’air du parolier Luc Plamondon, l’auteur en fait jaillir quelques-uns de ses personnages : « Secrétaire…infirmière…hôtesse de l’air / Qu’est-ce que j’vas faire ? / J’aurais don’ dû suivre ma première idée / J’aurais dû faire une secrétaire. » (1) Puis s’ajoutent à cette nomenclature des personnages caricaturaux (policier, musulmans, juifs, lectrices de nouvelles etc.), bien campés par les comédiens parmi lesquels se distinguent Christian Perrault interprétant un médium français ou Delphine Bienvenu en championne olympique déchue, Christine Harvey jouant une ministre parvenue ou Louis Courchesne en itinérant ou Isabelle Bossé ou et ou finalement on retient que chacun des 27 interprètes qui est sur la scène est indispensable à cette pièce parce qu’il la nourrit par le ludisme de son interprétation.
D’emblée, le propos fait sourire puisqu’il émerge d’une pensée largement répandue : sans café, je suis zombie. Par conséquent, suit la trame de l’histoire : une pénurie de café crée une catastrophe planétaire, une pandémie de drames. Ainsi, l’auteur tisse son récit comme un film d’horreur, voire il en fait ressortir l’atmosphère »gore », ce qui lui donne une teinte de bande dessinée. Par ailleurs, s’esquisse aussi un semblant de parodie musicale puisque interviennent des choeurs lors de périodes charnières de la narration, inspiré de chansons de Rock Voisine ou de Jean-Pierre Ferland (Hélène /2, T’es mon amour j’suis ta maîtresse /3) qu’il met en scène.
Inventif, créatif et jouissif, ce spectacle demeure un bon divertissement qui saurait plaire à tous; une comédie qui divertirait bien des estivants si elle se trouvait un théâtre pour l’été.
1) http://www.youtube.com/watch?v=1zfD50ttNYE
Déçu de l’avoir raté, merci de cette appétissante description. En espérant la voir ailleurs.
Le show sera repris les 4 et 5 novembre ainsi que le 21 décembre (pour la fin du monde!) 2012 à la Sala Rossa.
Distribution un peu moins nombreuse (23 comédiens au lieux de 27) et une mise en scène adaptée à cette salle… Sinon, la même folie, et même un peu plus!