@ri(g/M)atô

24 avril 2012 11h56 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Anatomie d'un disque

L’album est dans le lecteur, en mode répété.  Pour bien l’absorber, le réécouter afin que la musique s’insinue, s’infiltre jusqu’à la tendresse qui sommeille.  Bien sur, les comparaisons fusent.  Rythme enlevé et propos souvent nostalgique.  À la manière du défunt Mano Solo (1) quoique diffère le genre musical…

La musique vient, le rythme percute.  Une fissure apparaît,  l’ondée des sons rompt l’univers des songes.  »I think I’m out of control » chante Ariane Moffatt dans Walls of the world.

Entre deux mondes, j’entends des pas.  J’entends des pas.  Les percussions de In your body.   Puis la voix, trainante, « deep in my body« .  Je tente d’émerger, de me réveiller.  La musique tout autour.  Autant de musique que de mots, sinon plus.  Oui, plus de musique. 

Hôtel Amour, langoureux tangage.   Avec des similarités avec les pièces Blanche ou Dans un océan endisquées sur Aquanaute.    Puis cet envol musical, ce crescendo vocal, cet effleurement de nuage.  Dévoiler« l’intime au grand jour ».  Soudain, l’envi de câlineries. 

Alors, quoi faire de Mon corps.  Quoi faire avec mon corps?  Énumération sociologique sur l’état du corps.  Pièce de collection, psalmodiée, au ton amusant mais au propos si pathétique duquel saille le dépit :  »je vieillirai avec, que ça me plaise ou non, il ira ou j’irai à quoi bon se laisser tomber... »  Chagrin alors me prend la main.

« I can find any place for you. »  Its Too late.  Vraiment?  Fermer les paupières et sautiller sur les notes du clavier.  Avancer comme sur un jeu de marelle.  Sa voix assourdie.  Qu’aie-je manqué?

L’ironique La pluie et le beau temps au son robotisé,  à la Plastique Bertrand.  Au ton presque enfantin, voire innocent pourtant grave semblable à Jeudi 17 mai.  Qui devient semblable à une marche militaire.  Et vlan.  Avec au final un instrument dont le son s’apparente à celui d’une boite à musique, présent aussi sur l’album Tous les sens cependant cette fois-ci en introduction dans la chanson Éternel instant présent, qui nous déstabilise.

Je suis là, plus que jamais de retour dans la réalité.  L’homme dans l’automobile.  Je m »installe tranquillement.  Le crépitement de mes souvenirs.  Une histoire.  triste.  Le deuil.  Le goût de la vitesse, de fuir.. 

Puis, l’auteure-compositeure nous ramène dans l’imaginaire.   All yours.  Entrainante, chanson idéale qui s’adapterait à la télévision, même au cinéma, pour introduire une bonne télésérie, québécoise ou américaine.

À la saveur Beatle,   Rules of Legal Love est langoureusement invitante.  Immanquablement, cette pièce est en continuité avec l’album Trauma dont elle nous rappelle les reprises de classique des années 1970.

La saveur acoustique de Artifacts la nimbe d’une auréole de mélancolie.  Vraiment le goût de se blottir dans cette voix qui soudainement prend des allures jazzy.

Puis en guise de dernières chanson de l’album, les doigts caressent les touches du piano.  Sourire sincère est une chanson syncopée, coiffée de lyrisme, d’une montée dramatique superbe!  Par ses images, pourtant me vient en mémoire la chanson Abime-moi (2) de Catherine Major.

MA.  Sur son visage.  MA.  Si évocateur ce pronom possessif.   Découvrir @riane au travers du reflet du disque.  AM.  Je suis.  Am/Ma.  Je suis moi.  Significatif de cette époque que ce regard sur soi et ce cri porté vers l’autre afin d’inscrire son identité, de se distinguer de la foule anonyme.  Ma.  Le disque d’une compositrice, d’une fille qui s’amuse à créer des accords, des notes, des harmonies.  À jumeler des sons hypnotiques.  Ma.  Avec des mots portant qui viennent nous affaiblir jusqu’à nous posséder!

(1) http://www.youtube.com/watch?v=7Mo4fg0ctyY&feature=relmfu

(2) http://info.audiogram.com/ariane-moffatt-ma-enchante/

 (3) http://www.youtube.com/watch?v=EMlK0PWRkJw&feature=related

 

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Branchez-vous

Pour vous connecter veuillez d'abord vous identifier.

Alain Fortaich

Catégories