12 novembre 2011 8h36 · Alain Fortaich
Si Stéphane Gladyszewski, enrobé de pénombre, optait sur les effets techniques et un génial parement artistique afin de nous livrer, par de multiples images surréalistes, son Inconscient noir, cela diffère pour Ivo Dimchev qui, tout en ayant un but similaire, opte farouchement pour l’humour, et quel humour!, afin de nous livrer cette part tûe de lui-même, même si parfois le doute nous assaille et que l’on a plutôt l’impression qu’il nous gratifie d’un Art de l’interprétation qu’il magnifie.
Le chorégraphe bulgare fait fi de l’obscurité. Plutôt, sous le couvert d’une lumière crûe, face à la révélation d’un mur blanc s’apparentant à une immense toile, sur une scène blanche qui n’a pour apparât qu’une chaise, un bureau et une console de son, ainsi qu’un chat blanc dont la représentation symbolique évoluera au cours de la représentation; de chatte à enfant, de femme à sexe féminin, il nous convie à une exploration tragiquement jubilatoire de sa personne qui ne peut qu’émouvoir!
Dimchev ne brille pas seulement par sa chorégraphie vocale qui, subrepticement, nous confronte à sa mise en abyme, son jeu d’interprétation est sidérant; modulant son intonation, son rythme, nous amenant par conséquent de l’humour à la gravité, chorégraphiant son visage : un sourcil retroussé, une lèvre avachie, il se livre jusqu’au sang dans sa totalité dans Som Faves.
En fait, Ivo Dimchev se déconstruit par l’art. Et il nous laisse désarmés face à sa tragique douleur de vivre.