28 mars 2010 10h37 · Alain Fortaich
À propos l'article Voir 7e ciel
Andreas Dresen nous projette, avec 7ième ciel (cloud9), dans un univers rarement exploré au cinéma : l’amour et la sexualité des ainés. Ainsi, dans ce film nous assistons à l’éveil à l’amour de Inge pour le séduisant Karl malgré qu’elle partage sa vie avec Werner depuis trente ans. Partagé entre son désir et son confort cette couturière s’étonne, quoiqu’elle le souhaitait, de ce nouveau soubresaut amoureux.
Sans ambage ni fioriture, Dresen nous démontre une sexualité impudique, issue de l’urgence d’aimer une toute dernière fois, de se sentir revivre. Certes, ces scènes à caractère sexuel peuvent être dérangeantes voire peuvent heurter la sensibilité de certains d’autant que notre société n’a de cesse de faire l’apologie de la jeunesse éternelle : le corps étant paradoxalement relégué à son apparence impubère (dépourvu de poils) tandis que le besoin jamais n’a été aussi « animal », vécu dans l’immédiateté, reléguant l’attente et l’accroissement du désir à l’absurdité du romantisme.
Ainsi, le réalisateur nous invite non seulement à regarder les ébats de ces vieillards aux corps ridés, aux muscles avachis (chante Barbara), à voir les désirs d’Onan se propager chez les personnages mais surtout à assister au drame amoureux, à cette remise en question qui emporte et qui bouleverse Inge qui est coincée entre son souhait d’être amoureuse une toute dernière fois et son devoir envers son époux qu’elle ne veut pas blesser.
Vraiment, une ode à la vie couchée sur un magnifique drame!