Une danse daliesque

28 février 2010 18h57 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Do Animals Cry

Mi théâtre mi danse, Do animals cry  de la chorégrapge Meg Stuart est un spectacle sidérant : poétique, ludique, parfois tragique.  Bref, passionnant quoiqu’il soit effectivement difficile d’accès.  En effet, on tend à spéculer quant au but de ces divers tableaux que la chorégraphe peint pourtant adroitement lorsque soudainement, on comprend !  On comprend ces scènes de la vie familiale : la jalousie, le plaisir, le jeu etc. 

Dès l’abord, on s’étonne de la particularité du décor : une table quatre chaises, une niche/maison, quelques plantes, un lustre puis ce corridor d’arbre (une forêt?).   Mais la musique de Hahn Rowe nous agrippe et nous porte sur ce paysage surréaliste.  Vraiment, jamais, elle ne nous rejettera. 

Puis les comédiens/danseurs.  Pas rien que de la fluidité mais la lourdeur du corps. Dans leur jeu, on dirait les corps mous de Dali.  La désarticulation des corps.  Et ces visages.  Anja Müller et ses traits taquins, Kotomi Nishiwaki éplorée.  Ces visages si expressifs : Joris Camelin, Alexander Jenkins, Adam Linder et Frank Willens.  Ces visages, ces corps : un monde fractionnable, divisible comme une famille qui se joue de et/ou avec nous.   Ces corps, ces visages.  Si loin quoique à doigté d’horizon ils nous émeuvent et parfois l’on s’esclaffe.

Do animals cry?  On peut le soupçonner.  Quant à l’humain. j’en suis assuré : he can.

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Alain Fortaich

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