30 janvier 2010 0h43 · Alain Fortaich
À propos l'article Voir Liaison pornographique (Une)
Dans le métro. Avec ce vide en moi. Partout, de jolis visages, des lèvres, un sourire : un teint basané, un regard qui pétille. Partout en moi, dans ce vide qui m’étreint, les prémisses d’une liaison fantasmatique.
Dans la pénombre de la salle que scinde la scène, des panneaux, deux chaises à l’opposée. Pour le moment, les comédiens ont chacun leur assistance. L’assistance, quant à elle, hérite et des comédiens et de l’assistance qui lui fait face : se tenir droit, ne pas se curer le nez et encore moins piquer du nez, on ne sait jamais quel oeil peut nous capter! Regarder un visage, explorer l’intérêt chez l’autre, j’aime bien. Liaison pornographique. La mise en scène de Michel-Maxime Legault est prometteuse.
La comédienne Amélie Carrier entame sa première réplique et elle porte droit au coeur par sa justesse : une confiance en fait qu’elle maintiendra tout au long de la pièce. Parfois, son émotion est dense et elle me fait soudainement songer à Sylvie Drapeau. L’émotion à fleur de public. Quant à son partenaire de scène, Émile Beaudry, il tient bien le fort quoique parfois je sens le jeu dans son jeu. Est-ce mal? Pas vraiment. C’est une autre façon d’interpréter.
Les comédiens parlent, l’histoire progresse. Ils se dévoilent dans la pudeur des gestes imaginés, dans la retenue qu’impose le metteur en scène. L’amour comme dérive.
J’imagine ma main sur la sienne, un baiser en effleure sur son cou, des paroles murmurées : Ferré chante Petite, Reggianni la rêvait 10 ans de moins. La vie a-t-elle un sens dans le silence du métro? Lorsque le train s’engouffre dans le vide béant des tunnels, je désespère de revoir la lumière.