13 octobre 2004 16h25 · Alain Fortaich
À propos l'article Voir Le rat des champs
J’étais assis paisiblement devant le téléviseur. C’était à la fin des années 70 ou plutôt au début, oui, c’est cela, au début des années 80. J’ai ouvert la télévision. La dramatique : Les enfants d’Atlanta (relatant l’enlèvements d’enfants abusés sexuellement et leur meurtre) se terminait lorsque cette voix triste a commencé a envahir le salon. Oh une telle complainte… Et même pas pour son propre enfant mais bien pour des inconnus ! Wait a minute, ne change pas de poste, je veux savoir qui chante ! aie-je crié à ma mère. Le lendemain, Blue Valentine hantait la maison. Depuis, cette passion ne s’est pas démentie. Que ce soit les ballades des vieilles années ou les années de l’expérimentation (dont on a un aperçu sur la compilation Beautiful maladies) lors desquelles peu à peu la voix de Tom Waits est devenue, comme Bjork, un instrument à parfaire, à exploiter en même temps qu’il se dirigeait vers un minimalisme musical, que ce soit donc de l’une de ces périodes ou de la plus récente, on retrouve un compositeur qui cherche non seulement à nous séduire (Green grass ou Dead and Lovely) mais aussi un homme de conviction qui dénonce (Day after tomorrow). Et la musique aussi, cette harmonie discordante, y occupe une place prépondérante quand au sens que l’on peut y accorder, tout comme au Mot. Elle a son langage propre. Que ce soit les back vocal scandés de Don’t go into that barn qui donne une athmosphère tribale à cette pièce ou encore ce rythme de marche militaire de How’s it gonna end. Cela m’est nécessaire de retrouver la sensibilité de ce musicien qui ne vieillit pas avec sa vieille musique que l’on redécouvre comme étant nouvelle à chaque fois. À chaque fois, je revois ma mère chantonner. C’est indispensable de se confronter à cette musique qui nous rend plus vivant, en tout cas moins indifférent à nos semblables humains. Vraiment, on peut faire une pause car une visite dans la case de l’Oncle Tom s’impose.